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Avatar de Jean-Paul Paoli

Quand tu dis que les LlM sont des interfaces est ce que l ambiguïté avec le rôle de UI est à dessein ? E g dans interface il y a 2 choses : l idée de présenter une forme graphique (des boutons…) ou audio et l idée de se mettre au milieu et de faire une sélection / d être un médiateur …quand tu parles de pouvoir je me dis que c’est ce deuxième aspect qui est finalement important et du coup je pense que le mot médiateur est peut-être plus fort … en tous cas beau rapport signal / bruit dans ce numéro !

Avatar de Olivier Martinez

Merci !

L'ambiguïté est effectivement volontaire. Je pense que les deux aspects ont un pouvoir, de nature similaire, mais de mise en fonction différente. Ces modèles et ces outils, en particulier depuis qu'ils gèrent la multimodalité au niveau qu'on connait actuellement, ont pour moi une réelle capacité -parmi bcp d'autres- à adapter en temps réel ou quasi temps réel la forme d'un contenu -forme qui par essence auparavant, était imposée par son émetteur. Et pdt un moment j'ai pensé que cela pouvait être vu comme une "libération", une prise de pouvoir du coté récepteur. Je le pense moins actuellement.

Pour différentes raisons. Déjà d'un point de vue product, nous savons tous plus ou moins instinctivement -et de manière empirique et aussi par des études- que lorsqu'un utilisateur à trop de choix, voire pire comme avec ces modèles, qu'il est devant une infinité théorique de choix qu'il doit lui même arbitrer à travers un processus de décision sans cadre, au final il ne fait pas de choix, ou toujours le même. Et c’est là que l’interface choisit : parce qu’il faut cadrer l’infini. Le cadrage n’est jamais neutre. Il faut donc d'une manière ou d'une autre le "guider" -je retombe là dans l'ambiguïté que tu relèves : guider ça peut être de l'UI pure, ou d'autres moyens à travers la "parole" portée par ces outils par ex.

Ensuite si l'on considère ces modèles et ces outils comme des interfaces d'accès aux machines et aux actions de ces machines au sens large, là aussi, il y a des partis pris by design de la part de leurs concepteurs qui, d'une manière ou d'une autre, influent sur la façon des les utiliser et le champ des possibles proposés : ce que l’outil rend facile, ce qu’il rend pénible, ce qu’il n’affiche pas, ce qu’il “préfère” implicitement, etc... Ça façonne le champ du possible -on peut appliquer ça à beaucoup d'autres domaines, ce n'est pas une particularité de celui-ci.

Puis, pour finir ici, même s'il y aurait bcp d'autres raisons/aspects à évoquer, d'une point de vue économique pour les acteurs qui fournissent ces modèles et les outils qui sont basés sur ces modèles -j'englobe ici les chatbots comme ChatGPT/Claude/etc.- il y a un besoin naturel de "contrôler" un flux pour y insérer des mécanisme de monétisation, ou du moins de "création de valeur" au sens large. C'est un peu, mais pas que, ce dont on parle quand on évoque le B2A2C.

Pour le terme "médiateur", pour moi il évoque une certaine mise sur le même plan de l'émetteur et du récepteur, une équidistance entre les parties. Ce que je ne pense pas être perçu ici, et il semble que dans l'emploi que tu avances, ce terme instaure une sorte de "rapport de force". Donc peut-être qu'il est plus approprié en effet au final.

Il y aurait bien sûr bcp d'autres aspects à discuter.