Gemini partout
Une étincelle pour l'intelligence personnelle
Le prochain Google ? C’est Google.
Il y a un peu plus de 2 ans, le modèle d’IA intégré dans Google Search conseillait de manger des cailloux et de coller le fromage de sa pizza avec de la glu. Les posts sur les réseaux sociaux rigolaient et pensaient enterrer le moteur de recherche à renfort de “Google est mort”. La Silicon Valley ne rigolait pas. Deux années plus tard, le même Google est désigné favori de la course à l'IA grand public. Si, si, c’est The Economist et le New York Times qui le disent. Si c’est pas des gens sérieux ça…
Pourquoi ? Parce que Google est partout. Et parce que Google met son modèle Gemini partout, absolument partout, sous différentes formes et dans tous ses produits. Et même si l’IA vous dégoute, vous aurez Gemini dans votre smartphone que ce soit un Android ou un iPhone. Parce que vous avez un smartphone.
Cette semaine lors de la Google I/O, les différentes annonces et démos ont montré à quel point ce géant pouvait imposer ses outils et sa technologie. Mais tout cela a un prix : le prix du token. Et au final, ce prix c’est nous les utilisateurs qui le payons. Comme il se doit.
Bienvenue sur IA-Pulse Weekend. Cette édition porte le numéro 163. En vous abonnant, vous recevez tous les samedis matin, l’essentiel de ce qu’il s’est passé cette semaine autour de l’IA : un coup de gueule édito, une sélection de 3 actualités avec pour chacune un résumé rapide à lire, plus 1 article de fond pour ouvrir l’esprit et réfléchir et 1 podcast à écouter. Gérez votre abonnement.
⏱️Temps de lecture de cette newsletter par une unité carbone : 9 mins
Cette semaine la partie de cette newsletter gérée par l’IA, les 3 clusters d’articles, a été générée par Claude Opus 4.7 pour les résumés des sources, ainsi que la génération des clusters et des titres. Comme d’habitude j’ai fait quelques modifications, mais j’ai aussi laissé quelques tournures typiques des modèles de langage. Et bien entendu, mes commentaires éventuels sont en italique dans ces résumés. Le texte de “l’article qui fait réfléchir” est issu de ChatGPT-5.5 Thinking . L’image d’illustration ci-dessous a été générée par Midjourney
📰 Les 3 infos de la semaine
⚡ Vitesse et coût : Gemini 3.5 Flash au centre de la stratégie de Google (pour brûler du token)
Google a présenté Gemini 3.5 Flash cette semaine lors de sa conférence I/O, un modèle que l’entreprise destine en particulier au code et aux agents autonomes. Sa caractéristique première est la vitesse : il génère ses réponses environ quatre fois plus vite que les modèles de pointe concurrents, et une version optimisée intégrée à la plateforme de développement Antigravity atteint un facteur douze. Cette rapidité s’accompagne d’un niveau de performance que Google présente comme supérieur à celui de Gemini 3.1 Pro, son modèle haut de gamme d’il y a quatre à cinq mois, sur la quasi-totalité des tests de référence.
L’argument décisif est économique. Gemini 3.5 Flash coûte environ un tiers à la moitié du prix des modèles équivalents : 1,50 dollar par million de tokens en entrée et 9 dollars en sortie, contre 2 et 12 dollars pour 3.1 Pro. Selon Sundar Pichai, une entreprise traitant un trillion de tokens par jour sur Google Cloud pourrait économiser plus d’un milliard de dollars par an en basculant l’essentiel de ses charges vers ce modèle. Le contexte : de nombreuses directions informatiques épuisent déjà leur budget annuel de tokens. Une version Pro, conçue pour orchestrer le travail des sous-agents Flash, sortira le mois prochain.
Pourquoi est-ce important ? Il ne faut sauver le soldat Token : Let it burn ! Allez en vrai, Gemini 3.5 Flash c'est pas le modèle qu'on choisit. C'est la couche que Google insère partout : Search, Gmail, l'appli Gemini… au global plus d’une douzaine de produits à plus d'un milliard d'utilisateurs chacun. Baisser le prix du token pendant qu'on le fait consommer dans chaque recoin de ses services, ce n'est pas vraiment faire preuve d'économie et ou de volonté d’améliorer le pouvoir d’achat. En revanche c’est bien l'assurance d'en consommer assez pour que la facture grimpe quand même toute seule.
Pour aller plus loin : Ars Technica, TechCrunch, VentureBeat
✨ Google lance son premier agent personnel permanent : Gemini Spark
Gemini Spark est le premier agent personnel grand public de Google. Il fonctionne en continu sur des machines virtuelles dédiées dans le cloud de l’entreprise, ce qui lui permet de poursuivre une tâche même lorsque l’appareil de l’utilisateur est éteint. Il s’appuie sur Gemini 3.5 Flash et sur le harnais logiciel Antigravity, le même système qui anime les outils de développement internes de Google.
Spark est proactif : plutôt que d’attendre une instruction, il collecte du contexte dans Gmail, Docs, Sheets ou l’agenda et agit pendant l’absence de l’utilisateur. Il peut surveiller une boîte mail et produire des récapitulatifs quotidiens, transformer des notes de réunion en document, rédiger des courriels ou repérer des frais récurrents sur un relevé bancaire. Des connexions vers une trentaine de services tiers — Canva, OpenTable, Instacart, Spotify — sont annoncées pour les mois à venir.
Reste les questions que tout le monde se pose : à qui confie-t-on les clés et combien ça coûte ? Google a sa vision de la confiance : Spark réclame une approbation explicite avant les actions à enjeu, comme l’achat ou l’envoi de message, et un protocole de paiement borne les dépenses par plafonds et marchands autorisés. Josh Woodward, responsable de Google Labs, résume l’esprit du dispositif : c’est, dit-il, comme confier à un adolescent sa première carte bancaire - personne n’avait jamais cité la 1ère CB d’un ado comme un modèle de gestion prudente, et ça rassure… Et pour fêter ça, Google lance un nouveau pallier d’abonnement à 100 dollars par mois, avec lequel vous pourrez être parmi les premiers à le vérifier.
Pourquoi est-ce important ? Donc pour 100 dollars par mois, on va pouvoir être parmi les premiers à tester cet ado numérique sur nos données. Mais pas de panique, Spark va réclamer notre approbation avant les actions “à enjeu” … ok, donc , du coup, un agent qu'il faut surveiller en quasi permanence, est-ce encore un agent ? Ah mais non pas besoin d’être devant lui en permanence, on aura le droit à des pushs sur nos smartphones. Je suis bête aussi… On aime tellement être tenus en laisse.
Pour aller plus loin : WSJ, The Verge, Wired, VentureBeat
🔍 Google change sa boîte de recherche après 25 ans et y injecte directement de l’IA
Pour la première fois depuis 2001, Google redessine sa boîte de recherche : elle s’agrandit, accepte images, PDF et vidéos, et un système de suggestion vous coache vers des questions plus longues. Vingt-cinq ans passés à entraîner l’humanité à taper trois mots-clés, et voilà qu’on lui demande de faire des phrases.
Derrière, Google fusionne ses AI Overviews — les résumés en haut des résultats — avec AI Mode, son interface conversationnelle - cherchez pas, ce n’est pas dispo en France… dans le reste du monde, oui. Résultat : un milliard d’utilisateurs mensuels sur AI Mode, des requêtes qui doublent chaque trimestre, et de moins en moins de raisons de cliquer ailleurs. La recherche devient aussi agentique : des agents d’information surveillent le web en continu pour vous signaler une sortie de baskets ou une annonce immobilière. Vous formulez la demande au départ, et c’est tout. L’agent clique, fouille, et appelle même le plombier du quartier pour un devis.
Et puisqu’il faut financer l’ensemble, Google « réinvente la publicité » : produits sponsorisés avec descriptifs rédigés par l’IA, encarts dotés d’un chatbot. Des pubs pensées, dixit Google, comme des ajouts utiles à votre conversation.
Pourquoi est-ce important ? Actuellement la question n'est pas de savoir si chercher avec l’IA devient plus pratique, globalement ça l'est, bon pas toujours non plus, mais la question qu’on peut se poser c’est qu’est-ce qu’il va rester de ce que nous connaissons du “web ouvert” quand la requête commence et se termine sur une seule page conversationnelle capable de générer des interface personnalisée à la demande en temps réel…
Pour aller plus loin : VentureBeat, The Verge, NYT
🚀 6 lectures en plus
Mind-Blowing Growth Is About to Propel Anthropic Into Its First Profitable Quarter (WSJ)
OpenAI Generated Nearly $6 Billion in Revenue in First Quarter, Boosted by Codex (The Information)
OpenAI co-founder Andrej Karpathy joins Anthropic’s pre-training team (TechCrunch)
Musk v. Altman proved that AI is led by the wrong people (The Verge)
OpenAI claims it solved an 80-year-old math problem — for real this time (TechCrunch)
Spotify Studio’s AI agent creates a daily podcast just for you (The Verge)
🛠️ Des outils, des tutos et des modèles à tester
Codex : Remote connections - Keep my Mac awake
Automation : Keep Claude working toward a goal
🧠 L’article qui fait réfléchir - et qu’il faut absolument lire
Sundar Pichai Understands Why People Are Anxious About A.I.
“Slow burn, slow burn”
Il y a deux manières de lire l’entretien de Sundar Pichai après Google I/O. La première est celle que Google préfère : une entreprise revenue au centre du jeu, capable de déployer Gemini dans Search, Workspace, Android, le Cloud, les agents et le code. L’IA n’y apparaît plus comme un produit. Elle devient une couche d’usage, une présence continue, parfois visible, parfois enfouie dans les gestes ordinaires.
La seconde lecture est moins triomphale. Pichai reconnaît que Google reste en retard sur certains terrains, notamment le codage agentique, les tâches longues, l’usage d’outils et les environnements où les développeurs travaillent vraiment. La puissance brute ne suffit pas toujours. Claude Code, Cursor ou OpenClaw ont compris plus vite que le modèle compte autant que la surface où il agit. Google a la profondeur industrielle, mais il doit encore transformer cette profondeur en expérience évidente.
L’entretien prend alors une dimension plus politique. Les annonces de Google arrivent dans un moment où l’opinion se durcit. Des étudiants huent l’IA lors de cérémonies de remise de diplômes. Les sondages montrent une défiance nette. Pichai ne la nie pas. Il dit même quelque chose d’assez juste : les humains ne sont pas faits pour absorber autant de changement aussi rapidement.
Sa réponse reste celle d’un dirigeant de plateforme : avancer, intégrer, rassurer, montrer les bénéfices. Les agents devront inspirer confiance, laisser du contrôle, éviter les accidents de sécurité. Google ne demande pas aux utilisateurs d’aimer l’IA. Il cherche à la rendre assez utile pour qu’ils cessent de pouvoir l’éviter.
📻 Le podcast de la semaine
Cognition du rat : l’égout et les couleurs
Un podcast sur le rat et sa cognition… Histoire de se rappeler les propos de Yann LeCun : "je serais très satisfait si, avant la fin de ma carrière, nous pouvions réaliser des machines avec autant de sens commun qu'un chat, ou même qu'un rat"
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“Hark who are we, so small in times such as these?”



